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LES NOTAIRES ET L'ELECTION PRESIDENTIELLE 2012
Au plus près des citoyens. Dans leurs domaines de compétence, famille, immobilier, entreprises, gestion de patrimoine, les notaires ont une connaissance directe et concrète des problèmes que rencontrent les Français, de leurs souhaits et de leurs déceptions, de leurs réussites et de leurs échecs, de la bonne foi du plus grand nombre et de la fourberie de certains d’entre eux. Par leur pratique, ils parviennent à résoudre bien des difficultés. Prenons un seul exemple : dans les années soixante, au plus fort de la construction de logements, ils ont imaginé des conventions permettant d’assurer la sécurité financière des acquéreurs d’immeubles non encore achevés, ce que l’on appelle la vente sur plan. Le législateur a légalisé et rendu obligatoire cette bonne pratique spontanée du notariat. À partir de leur expérience, les notaires peuvent aussi faire part aux pouvoirs publics des insuffisances de la loi, des obstacles injustifiés qui se dressent devant les projets légitimes de leurs concitoyens, de l’intérêt que peut présenter une réforme ou l’abrogation d’un texte inutile et néfaste par ses effets. Depuis 1891 le Congrès des notaires de France, nous le retrouvons sous un aspect plus positif que ci-dessus, a pour vocation de recenser les problèmes juridiques, fiscaux, sociaux, et de proposer des modifications législatives. Leur demande est souvent satisfaite, parfois après un délai paraissant aujourd’hui étonnant. Encore un exemple parmi d’autres : une clause permettait au conjoint survivant de conserver la propriété d’un bien après le décès d’un époux ; de façon inattendue, la jurisprudence avait annulé comme pacte sur succession future cette clause portant sur un bien propre de l’époux décédé ; dès 1935, le congrès de Reims réclame une modification législative, relayé par le congrès de Biarritz en 1953 ; la loi du 13 juillet 1965 donne une réponse positive … trente ans plus tard. Des propositions aux candidats à l’élection présidentielle. Au-delà des problèmes techniques évoqués lors des congrès, le Conseil supérieur du notariat, après consultation de divers organismes de la profession, commissions et instituts du conseil, assemblée de liaison, a élaboré un texte comportant de grandes propositions répondant aux besoins profonds des Français et susceptibles d’inspirer des réformes de grande ampleur ou des modifications de textes particuliers. Trois thèmes principaux ont été retenus et nous allons les examiner successivement. - La solidarité et les personnes dépendantes : l’un des problèmes essentiels, d’aujourd’hui déjà mais surtout des années qui viennent, est de faire face financièrement et humainement à la présence d’un million de personnes âgées dépendantes qui seront presque deux millions en 2040. Des instruments juridiques existent, certains traditionnels comme le bail à nourriture, la vente en viager, d’autres de création récente comme le prêt viager hypothécaire. Il faudra en assurer la promotion, en améliorer les règles pour qu’ils soient d’un usage plus aisé. L’assistance familiale doit être encouragée et le notariat préconise la reconnaissance d’une créance au profit des enfants qui prennent soin de leurs vieux parents. Les congrès des notaires se sont souvent préoccupés de ces questions, notamment à Versailles en 1984 et à Strasbourg en 2006. - Plus de liberté en droit successoral : depuis une dizaine d’années d’importants progrès ont été réalisés pour lever les interdits du droit successoral résultant du code de 1804 et caractérisé par sa grande rigidité. La loi du 23 juin 2006 a créé divers moyens très utiles en pratique, par exemple, la donation-partage avec participation des petits-enfants, la renonciation anticipée à exercer l’action en réduction, les libéralités graduelles et résiduelles. Les notaires proposent de réduire le montant de la réserve héréditaire, actuellement de ¾ en présence de trois enfants ou davantage. - Le droit des personnes : de nombreuses propositions sont faites dans ce domaine, la plus marquante étant celle d’abaisser l’âge de la majorité à seize ans. Il convient aussi d’améliorer la situation des partenaires d’un pacte civil de solidarité, par exemple en reconnaissant un droit viager au logement au partenaire survivant lorsqu’il y a des enfants communs. Pour les familles recomposées, si nombreuses, il serait opportun de revoir le régime fiscal de l’adoption simple et d’assimiler fiscalement les enfants de l’un des époux aux enfants communs. - Et dans bien d’autres domaines : d’autres propositions concernent le patrimoine : réforme de l’assurance-vie, cession de parts de sociétés civiles immobilières (machine à laver l’argent sale), accès au logement des jeunes, amélioration de la fiscalité des entreprises, etc. Sont encore évoqués la protection de la vie privée sur Internet, la gestion des ressources en eau. Le notariat espère ainsi améliorer la situation des Français. Il démontre, en tout cas, sa capacité à percevoir les besoins, à anticiper et à trouver des solutions concrètes aux questions de notre temps.
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